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13 août 2016 6 13 /08 /août /2016 16:09

L'homme drosophile


 

Afin qu'ils résistent aux guêpes parasitoïdes
La mouche du vinaigre soigne ses petits à l'alcool
Comment être intègre sans radio-résister

Contre les attaques de prédateurs bizarroïdes
Bébé drosophile se met en quête d'éthanol
Tout juste après avoir été infecté

Ah ! Cohabiter avec ces humanoïdes
Quand je vois ces inutiles se pousser du col
Moi aussi j'entends l'appel du verre à pied

Avec le temps cette étrange bestiole s'est dotée
D'une réponse immunitaire comportementale 
Aujourd'hui fortement inscrite dans ses gènes

Alors quoi ! La picole peut-elle sauver
Lune absconse parasitaire foutrale
Osmose ? Peut-être écouté-je trop Ameisen

Hé Hé ! Sur les épaules de Darwin perché            
Je suis l'homme drosophile et c'est létal        
Mais pour supporter le néant, c'est une aubaine





sb.03/07/2016                                                                     Accueil

 

 

Idée tirée d'une émission de Jean Claude Ameisen, Sur les épaules de Darwin (France Inter), au sujet « Des animaux pharmaciens et médecins »

 

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Published by Syl
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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 17:24

Pas son genre

 

Qu'elles soient une ou mille

Dès qu'il y en a un
Elles se trouvent bien
Seules autour de l'il

Et même s'il déserte
Ou s'il devient fol
Devront briser les licols
Mener les us à perte

Et toujours elle abhorrée
Et toujours il lettré

Qu'elles soient une ou mille
L'égalité ne sera 
Que si les uns, les ils
Ne sont pas ingrats

Qu'elles soient une ou mille
Même s'il n'y en a qu'un
Le machisme citoyen
Devront mettre en exil

Qu'elle soit une
Elles seront mille

 

 

sb.12.07.2016                                                                           Accueil                                           

 

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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 16:44

Y en a mare
(Une histoire d'actualité politique et de tensions internationales, quasiment vraie de vraie, de
la Microbulotte et de son picolo plumier pilote, la petite Lèchesue)

 

 

Nom d'une crue ! Au pied du glandulier d'hiver savamment lovée
L'arbre avait acquis, on se demande comment, ses feuilles d'été
La Microbulotte entamait sa vingt-deuxième heures de sommeil
A côté, un animal lui tapait sur le système, sacrelote et pince-oreille !
Ploc ploc ploc ! faisait le bec d'une bécasse dans la mare débordée
Qui l’éclaboussait tant et si bien qu'elle ouvrit un gros oeil fatigué


Mouche-tronc, le martinet des diptères, longues ailes et courtes pattes
Posé sur sa branche juste au dessus, suivit l'action et s'envola en hâte
De peur d'être aspergé, canon-à-eau-isé, bref, en un mot noyé
« Eh toi l'oie ! Ne vois-tu pas que tu commences à nous les briser ?

 

- Chu une bernache et là chu brûlé, faut que je me lave et me revigote
Pis si tu continue, m'as t'en crisser une ! On fait ça nous aut' »1
La microbulotte n'y entrava que dalle : « Qu'est-ce qu'elle dit ? »
Mouche-tronc qui avait une tipule2 à Québec, lui, avait saisi
Et pour éviter de se faire becter tout cru chercha la discutaille
« Pas de crânerie ! L'amie se mire et toute migrante qu'elle soit, travaille »


La petite Lèchesue, picolo plumier pilote, dans les pétocles3 enfouie
C'est à dire ne pilotant présentement absolument rien, ça, c'est dit
Linotte dans les bras de Morphée, quelques bribes par-là mal saisies
Rêvassait : « L'oie travaille... marre...se mire... y a une connerie »


Et même si elle ne savait pas trop ce que c'était « travailler »
Dans cette indispensable histoire on finit par se prendre les pieds.

 

 

sb.19 .06.2016                                                                                                                              Accueil

 

 

______________________

Les notes sont de l'auteur, comme on dit.


1. Traduction du québécois : Je suis une bernache du Canada, j'arrive de migration et je suis épuisée, il faut que je me lave et mange. Et puis si tu m’ennuies je vais t'en coller une, comme on fait chez nous.
2. Cousin (Bestiole issue de germain). Ne pas confondre avec un tipi, qui est aussi une cabane au Canada. Ne pas confondre avec Tippi Hedren, qui est une copine du Minnesota, mais ça n'a rien à voir.
3. La germure de la microbulotte est composée d'espèces de dreadlocks duveteux et blonds, les pétocles.

______________________

 

 

Lisez ici la précédente histoire presqu'entièrement quasiment vraie de vraie de la Microbulotte et de son picolo plumier pilote, la petite Lèchesue.

 

 

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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 13:18

Le palais


Nostre rei vient par mi la valée
Luisent cil helme as perres d’or gemmées
E cil escut e cez bronies safrées.
                                         (d'après La chanson de Roland)

 


***
(XIIè S)


Par le milieu de la vallée s'avance notre roi
Au soleil reluisent les pierreries et l’or des heaumes,
Et les écus et les hauberts brodés.

Alors qu'il progresse il ne faut qu'il me voit
Les preux me prendraient pour gueusaille au royaume
Et point en recommandable queux attitré

Me retire dès lors par l'entrée ouest invisible au convoi
Le pont-levis lève derrière moi, me dissimule au monôme
Passées les douves je rejoins les cuisines de sa majesté


***
(XIVè S)


La nuit est noire et les eaux de fin de crue grondent
En estacade s'ouvre entre les tours du coin et de Nesle
La chaîne amassée laissant libre passage sur le fleuve

Les picots attaquent la Grosse Tour en d'incessantes rondes
L'enceinte neuve enferme le palais laissant vue sur le ciel
Et finit d'épuiser les journaliers accablés par l'épreuve

Rumeurs de jacqueries, travail de forçat aux conditions immondes
Fomentent la révolte mais le gibet de Montfaucon fait ravaler son fiel
Tant les fourches de la grande justice ont laissé de dolentes veuves


***
(XVIè S)


Le gouverneur achève le palais campagnard et se meurt
Bientôt le tocsin de Saint-Germain-l'Auxerrois ameute la populace
Déclenche les flots de sang qu'on nettoiera jusque dans la cour Carré

Le superintendant des bâtiments est encore en sa couche aux premiers heurts
Quand mené par les Seize le peuple empile les barriques, au roi mène la chasse
Les coups de feu résonnent au loin et au soir sa souveraineté est ébranlée

Le royaume reconquis par le nouveau monarque et légitime successeur
Sur six arpents la Galerie du bord de l'eau peut sortir de terre avec audace
Et au palais des tuileries les appartements du roi directement relier

 

 

sb.2016                                                                                 Accueil

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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 13:17

Texte écrit dans le cadre de l’opération «Dis-Moi Dix Mots » à l’occasion de la Semaine de la langue française et de la Francophonie. Ce texte a obtenu le 5ème prix au jeu des dix mots de l'AAS - association des personnels du ministère de la Culture.

 

 

Yvonne

 

Elle était née la veille de la Toussaint et chaque année son père

Sortant Jack-ò-lantern et moultes lumerottes, lui faisait misère

 

Écossais un peu fada, papa l'avait prénommée Allhallow-Even

Incompréhensible en Belgique où elle se faisait appeler Yvonne

 

Comme dans un conte, cela ne nuisit en rien à la jolie blondine

Qui, de bonne composition, n'avait jamais eu la mine chafouine

 

Par elle ébloui, un champagné du cru, Léopold, lui offrit un emploi

Le même qui, un beau jour d'avril septante deux, au Congo l'épousa

 

Ainsi firent-ils tous deux le commerce de toile denim et de jersey

Qui de-ci de-là, au gré du marché, de par le monde les emmenait

 

Utilisant à Antsirabé le pousse-pousse, à Port-Au-Prince le tap-tap

A Valparaiso le funiculaire, à Londres le métro - mind the gap !

 

Puis vint Québec, ah ! Québec, où un vigousse marlou lui fit un bec

Et instantanément devint son chum lui faisant oublié tout net son mec

 

Heureux un temps, le riche bonhomme connu comme tenant un dépanneur

Menait de louches affaires et finit froidement dessoudé par un ferrailleur

 

Elle n'avait plus de raison, elle qui se fardait toujours de poudre de riz

De rester au pays où le coup de vent faisait tout voler comme poudrerie

 

Elle quitta donc le froid avec le pactole et revint sur le vieux continent

Dans l'état des helvètes, celui des ristrettes et des banques, précisément

 

Mais il y drachait trop souvent et y neigeait moins que dans le grand nord

Éperdue, c'est au soir d'un 31 octobre que Allhallow-Even y trouva la mort

 

 

 

sb.02/2016                                                                                                                                                         Accueil

 

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 08:43

Texte écrit (et présenté ici en version audio) pour la Bataille des 10 mots dans le cadre de l’opération « Dis-Moi Dix Mots » à l’occasion de la Semaine de la langue française et de la Francophonie.

 

 

Carmélia


Je sortis un peu retourné de la Halle Saint-Pierre. J'y avais été attiré par l'ensorcelant personnage de l'affiche de l'exposition Hey ! Act III placardée sur le bâtiment à l'architecture métallique. Parfois bouleversé par quelques doux fadas de l'art brut, souvent attendri par l'art naïf, j'avais en tête ces représentations de type tap-tap haïtien et ne m'étais pas attendu à ces bouillonnantes expressions de contre-culture. Perdu dans des pensées surréalistes-pop je ne me rendis pas tout de suite compte qu'il drachait encore et me dirigeai machinalement vers le café Le Ronsard situé à deux pas. Au comptoir je commandai au serveur à l'air chafouin un ristrette que j'avalai d'une lampée. Mon voisin lisait Vigousse, le cousin helvète de notre Charlie, tout en sirotant dans un verre à la transparence douteuse un liquide d'une teinte tout aussi incertaine. La pluie s'était calmée. Je quittai le bistrot.

L'image abrupte de la rue Steinkerque vomissant son flot continu d'excursionnistes occasionnels
dans le square Louise Michel me fit reprendre mes esprits. Je descendis la rue me disant que les
peintures kitsch de l'église Saint-Pierre entourée de lumerottes, vendues dans tous les commerces à touristes, étaient bien loin de l'esprit de la Commune cher à l'anarchiste. Passé le métro Anvers je continuai vers le sud, traversai l'avenue Trudaine et retrouvai le calme hivernal d'un dimanche habituel. Hivernal ! Tu parles d'un hiver, me dis-je, 16 degrés, pas un brin de vent, ce n'est pas demain qu'on verra une poudrerie à Paris. Le temps serait presque au petit vin blanc sous une tonnelle. Il n’y avait plus qu'à trouver un dépanneur encore ouvert, un qui n'ait pas été racheté par un champagné et transformé en banale enseigne de distribution, puis inviter la sulfureuse Carmélia de l'affiche du musée. Il n'y avait plus qu'à...

 

sb.02/2016                                                                                                                       Accueil

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