Dimanche 18 décembre 2005
Ca va être ta fête, Noël ! (5)
Le jeudi, dès l’aube, Gérard, le père de Noël, entra dans la grange et aperçut son fils qu’il secoua.
« Gamin, l’appela-t-il, aujourd’hui on va à la foire aux bestiaux et tu viens avec moi. »
Noël, émergeant, avait bien sûr oublié cette date, même s’il aimait chaque année se rendre à la foire saint André de Chartres qui se déroulait habituellement plus tôt dans la saison.
« J’peux pas, j’ai à faire.
- Discute pas j’te dis, tu viens. »
Noël grommela quelques mots incompréhensibles même s’il savait qu’il n’avait pas trop intérêt à répondre à son père qui, malgré ses 60 ans, avait encore une poigne aussi forte que la sienne.
Gérard quitta la grange sans avoir vu le second homme couché non loin de son fiston.
« Je t’attends dans cinq minutes dans la voiture. »
Dans le noir, Gérard regagna la maison.
« Bon Dieu, se dit Noël, faut que j’attache et que je bâillonne celui-là si je veux pas qui me file dans les pattes. »
Ce qu’il fit rapidement. L’homme en blanc était toujours inerte. Noël le planqua à nouveau sous la paille après lui avoir empêché tout mouvement, puis il se dirigea lui aussi vers la maison, espérant que personne ne dégagerait le traîneau et ne s’étonnerait de voir les animaux dans le pré avant son retour. Le peu de passage dans le coin et la météo peu clémente le rassuraient un peu sur ce point.
Malheureusement pour lui, la visite à la foire s’éternisa, malgré son insistance pour rentrer.
Ils ne regagnèrent le logis que tard dans la soirée, aussi saoul l’un que l’autre.
Noël prit tout de même la peine de se traîner jusqu’à la grange pour voir si l’homme y était encore. Tout allait bien, il respirait mais ne bougeait toujours pas.
Il se coucha au même endroit que la veille, une bouteille à la main.
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A midi le téléphone portable de Sophie sonna. La patronne et les deux piliers du bar observèrent du coin de l’œil cet étrange couple habillé comme pour sortir en ville.
« Allô ! Répondit Sophie.
- C’est Axel. Du nouveau dans notre affaire. Le coffre est ouvert. Du matériel informatique sophistiqué. Haute technologie. On a besoin d’étudier tout ça, les branchements sont complexes. On fait venir des spécialistes, ce n’est pas trop notre rayon.. Ils seront là vers 15 heures. D’ici là nous allons manger, vous devriez en faire autant, il n’y a plus rien à voir pour l’instant.
-Très bien, Axel, je te remercie. »
Et à Robert :
« C’était Axel, l’un des scientifiques. »
Et elle lui répéta ce qu’elle venait d’entendre.
Robert, aussi stupéfait qu’elle, sortit la fiole de sa poche, et à l’abri du regard de Noémie, qui n’avait pas l’air commode, en remplit la tasse dans laquelle il lui restait un fond de café. Il en proposa à Sophie d’un geste discret.
« C’est pas de refus, lui répondit-elle, mais après on mange. »
A Suivre...
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