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Dimanche 11 décembre 2011 7 11 /12 /Déc /2011 10:34

 

Le financier (Recette de crise)


 

Dans un contenant suffisamment important

Une coupe, un cul-de-poule, enfin, un récipient

Mélanger à la poudre d'amandes la farine et les sucres

Blanc et vanillé, avec l'extrait de vanille ici point de lucre

Monter les blancs en neige ferme avec un peu de sel

Puis les ajouter sans rien de plus, cela serait criminel

Faire fondre le beurre et l'incorporer au mélange

A l'aide d'une cuillère en bois, et pas façon boulange

Il ne sera pas nécessaire de levurer la pâte

Pour monter à la cuisson pas de hâte

Ah ! le plaisir gourmand, bon et sain à la fois

Et bientôt prêt à déguster, se gaver comm' oie

 

Tirer maintenant fermement à vous le financier

Et le bec lui plonger bien au fond du saladier

Jamais très inspirer, le remisier, profiteur

Ne pourra qu'inhaler la bouillie sans bonheur

Laisser mijoter

A l'étouffée

Maintenir jusqu'à complet blêmissement

Retirer, laisser reposer éternellement

 

 

 

sb.10/12/2011                                                               Accueil

 

 

 

 

 

Le financier tire probablement son origine

De l'ordre religieux des visitandines

Et on peut raisonnablement penser que les sœurs

Si retirées soient-elles ne nous tiendrons pas rigueur

Pour un vil coulissier, n'en doutons point

Que d'avoir à visiter un malade de moins


 

sb.10/12/2011

 

 

 

 

 

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Dimanche 4 décembre 2011 7 04 /12 /Déc /2011 00:16

Tête de pioche 

 

Commencez donc par choisir l'exposition la meilleure 

La terre la plus meuble fera de préférence votre bonheur 

Mais si vous êtes bien équipé vous pourrez 

A n'importe quel type de sol vous attaquer 

 

Alors voyons maintenant les outils 

A même de défoncer votre pâtis 

 

Une pioche avec fers à pointe et houe 

Ou une pioche à deux pointes, les atouts 

L'intérêt, c'est qu'il faut que ça pique      

Que ça incise, que ça fende 

Il n'y a pas d'instrument unique 

Bien que d'aucun s'en défende 

Aussi la pelle-pioche pourra faire l'affaire 

Plus que le palot, de doute il n'y a guère 

Evitez également d'utiliser le fossoir 

Qui risquerait de vous mettre en retard 

Idem pour l'hoyau et sa lame en biseau 

A moins d'avoir du nerf dans l'aloyau       

 

Important, nous ne sommes pas là pour biner 

Et n'avons point de temps pour affouiller 

 

Le large tranchant de la bêche 

Et là pas de risque de prêche 

Fait l'unanimité pour évider aisément 

Comment pourrait-on agir autrement 

 

Une fois le champ soigneusement brisé 

La première couche prête après labour 

Evacuez les glèbes par larges pelletées 

Les mottes stockées sur les parcelles autour 

Vous réutiliserez - Puis recommencez 

Car une couche ce n'est pas assez 

L'idéal eut été pour votre labeur 

D'avoir l'usage de l'excavateur 

 

Ainsi donc en bon ouvrier prend forme votre carré 

Seulement c'est d'un cube dont nous devons disposer 

Alors reprenez au point précédent et tel l'animal 

Grattez fouissez creusez jusqu'à la profondeur idéale 

Et enfin en jardinier moderne que nous sommes 

Allons pouvoir accomplir une tâche de grand homme 

...     

Jetez dans le trou le cadavre du banquier 

Vous n'avez plus que sa bauge à combler 

 

(Et ça marche aussi bien avec les courtiers)

 


 

sb.2 décembre 2011                                                                                                       Accueil           

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Vendredi 2 décembre 2011 5 02 /12 /Déc /2011 09:03

 

Qu'ils nous fichent la... paye

 

 

Traité comme un fonctionnaire

Tu te touches mais sans salaires

Paiement impossible pour tes missions

Activités raréfiées dans ta profession

Quels gages pour tes factures

Tristes appointements pour une torture

Pauvre commission pour grosse besogne

Plus de bricheton pour ta trogne

Pourboire de peu pour énorme bricole

Turbine, encaisse, picole

Émoluments aussi ridicule que tes primes

Paie de chagrin pour qui trime

Maigre cachet pour le bel œuvre

Avale le plein emploi et les couleuvres

Guelte infime pour gros commerce

Détail, basse solde pour qui exerce

Une goutte de jaffe pour toute huile de coude

Rend service et surtout jamais ne boude

Pas de récompense pour le labeur

Prix cassés sur les efforts, les pleurs

Indemnités réduites à bout de peines

Pas de fixe ni de de bas de laine

Précarité permanente, intérim avec esclavage

Fossoyeur de plein temps avec ou sans bagage

Faible rétribution pour le gagne-pain

Plus de budget pour tous les pantins

Plus de charges sans job et sans ressource

Moins de revenu pour plus de courses

D'énormes corvées pour de menues rémunérations

Moins de vacations, d'occupation, d'exécution

Moins d'exercice, d'ouvrage, plus de peur

Tu bûches, tu boulonnes, pues la sueur

Tu turbines, tout un art, à la petite semaine

Pour ton office, que de la haine

Tu essores, tu façonnes

Pour leur essor, ça déconne

Tu bosses encore, tu boulottes, tu ferrailles

Pour qu'en face ça vomisse ton travail

 

Tribut incommensurable

Loyers incalculables

Profits hyperboliques

Mensualités astronomiques

Honoraires inabordables

Contre des droits hier irréfragables

Des jetons de présence indécents

Pillage, rapt, avilissement

Entreprises âpre au gain, banal

Holdups banquiers

Vertu de l'actionnariat, rentier

Participations aux bénéfices

Belle morale, courage, anciens vices

Le temps des résultats pour les affaires

Nouvelles valeurs financières

 

Assez de leur sale air

Qu'on nous fiche la paye

Dignité et salaires

Ou ils n'auront plus la paix


 

 

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Dimanche 16 octobre 2011 7 16 /10 /Oct /2011 23:35

Bien foutues les primaires socialistes !
Au bout de 2 tours elles nous sortent le même candidat qu'aurait élu le parti s'il n'avait pas donné dans le populisme. 
Super bien foutu le truc !

Eh ben BARVO !

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Dimanche 28 août 2011 7 28 /08 /Août /2011 14:58

Ni cor ni cri

 

 

 

Il n'y prêtait guère plus d'attention qu'aux chats sauvages 

Il lui jetait les restes de ses repas devant la fenêtre 

C'est ainsi le seul effort qu'il consentait à commettre 

Jusqu'à ce que l'animal se soit faufilé un jour d'orage 

Elle avait glissé entre ses jambes pétries d'arthrite 

Il n'avait eu d'autre choix que de la laisser passer 

Et la tolérerait dorénavant dans sa cahute décrépite 

Elle prit l'habitude de s'installer sur le fauteuil délabré 

Au début elle évitait trop de proximité d'avec le vieux 

Et se plaçait pour le guetter et pour apercevoir ses yeux 

 

Le vieil homme vivait là, seul depuis longtemps 

A la longue la chatte n'encombrait plus ses arpents 

En une époque moins tendre, il n'en aurait pas été ainsi 

Et avec force poison, tel un nuisible il l'aurait bannie 

Aujourd'hui encore elle réagissait aux gestes soudains 

Mais lui n'aurait pu l'attraper sans se briser les reins      

 

Au fil des jours ils s'apprivoisèrent 

L'un a l'autre ils se conformèrent 

Elle portait maintenant sur lui un œil prévenant 

Qu'il finit enfin par reconnaître avec le temps 

Il continua lentement à se décatir 

Et la féline clémente à vieillir

Les nuits froides elle gagnait lentement le lit 

Où elle se lovait dans l'édredon et ses plis 

Il remarquait parfois qu'elle le scrutait longuement 

Quand les yeux pers reflétaient la faible lueur extérieure 

Il percevait alors le bruit sourd d'un ronronnement 

Et en ressentait comme un apaisement salvateur 

Depuis il éprouvait envers l'animal un sentiment étrange 

Lorsqu'elle soutenait son regard, l'incitant à lui porter louanges 

La féline ne cillait pas et l'homme se noyait dans ce vert-bleu 

Puis éprouvait soudainement le besoin d'émerger de ce camaïeu 

De lâcher prise pour ne pas céder à l'hypnose de cet être dérisoire 

Qui éprouvait semble-t-il de plus en plus de sollicitude à son égard 

 

Il ressentit le fardeau de son propre corps et pensa au prochain seuil 

Le jour où il s'aperçut que la bête peinait à monter sur le fauteuil 

Il installa alors des piles de livres en escalier pour faciliter sa montée 

La chatte lui en serait reconnaissante, sans le moindre doute il le sentait 

 

Dix huit ans avaient passés, restaient peu de mouvements, ils n'avaient plus d'âge 

Elle ne sortait plus s'abreuver au lavoir, oubliés depuis longtemps les maraudages 

Sans un miaulement, sans un bruit, une nuit elle monta sur le lit 

Pour s'installer elle ne tourna pas sur elle-même , il la sentit affaiblie 

Elle s'allongea de tout son long et ronronna faiblement 

Ce qui le rassura et lui permit de fermer l'œil un moment 

Aux premières lueurs de l'aube, l'homme s'éveilla brusquement 

Il vit les yeux de la chatte fixés sur lui sans aucun mouvement 

Il resta figé, terrorisé, elle ne respirait plus, son corps avait changé 

Dans la pénombre, la peur accrue, il ne comprenait pas ce qu'il voyait 

Dans les yeux pers un reflet brillant scintillait 

Il blêmit lorsque allumant la lampe à son chevet 

Il crut distinguer un petit corps fripé qui n'avait plus rien de félin 

Celui d'une femme, celui de sa mère, un corps humain. 

 

Au grand jour, dans la maison décrépite, la lampe de chevet éclairait encore 

Et sur le lit recouvert de l'édredon épais, les yeux ouverts, gisaient deux corps 

 

Celui d'une petite chatte aux yeux bleus 

Et celui de son homme - tous deux très vieux.  

 

 

À Janis 

 

 

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