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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 14:18

Un nouveau texte écrit dans le cadre de "Dis-moi dix mots"

 

Courtiser des mots et les muses l'amuse (Démo)

 

« ‒ Bonjour à toutes et tous et bienvenue sur notre page, ce beau pays des droits de gomme.

 

Je m'appelle Franck, Franck O'Fonn. Je suis le rédacteur. Je vous ai convoqué dans le but de tenter de vous lier les uns aux autres, de créer un tout cohérent, et si possible, plaisant au lecteur. Si nous allions jusqu'à créer quelque innovation, par sagacité ou même par sérendipité, ce serait évidemment l'idéal.

 

Vous êtes cinq, sur les dix appelés, à avoir accepter la règle du jeu suivante : vous définir plus ou moins succinctement devant nous. Bravo et merci à vous. Je rappelle que vous n'avez aucune obligation. Rien ne vous force à vous dévoiler jusqu'à l'étymon. Les absents n'ont donc pas souhaité paraître ici, ce que je regrette, comme je regrette cette lapalissade, qui est d'ailleurs plus proche d'une périssologie, mais je m'éloigne du sujet. Les absents ne le seront donc pas puisqu'ils seront tout même utilisés, et cela sans leur autorisation. Je m'enfonce avec cette saugrenuité, mais quel plaisir d'utiliser ce dernier mot.

 

Parfois allogènes, souvent cosmopolites, vous venez d'univers différents, qui d'un usage, qui d'un dictionnaire étranger, qui d'un wiki encyclopédique.

 

Afin de vous connaître un peu mieux je vous propose donc notre petit tour de table lexical au cours duquel chacun, chacune, se présentera.

 

Voulez-vous commencer, s'il vous plaît ?

 

‒ Bonjour je suis Kitsch, mais vous pouvez m'appeler kitch. Je passe parfois pour baroque, ce qui n'est pas mon but. En tout cas, je ne suis pas tellement à la mode...

 

‒ Cela vous va très bien.

 

‒ Je vous suis fort obligé. Monsieur Edgar Morin m'a accroché en Allemagne et m'a consacré dès 1962.

 

‒ Très étonnant. Eu égard à votre flegme je vous croyais britannique. Merci Kitch et bienvenue dans ce texte.

 

Ensuite, monsieur ? Heu ... Madame ?

 

‒ Bonjour, je suis Cibler. Vous l'avez laissé entendre, je suis ce que l'on peut nommer, pour rester dans le thème du voyage et utiliser un anglicisme, un genderqueer.

 

‒ Tiens donc ! Ce qui veut dire ?

 

‒ Et bien cela signifie que je n'ai pas de genre, ce qui me vaut souvent d'être dans le collimateur.

 

‒ Le terme neutre nous vous convient-il pas ?

 

‒ Si je puis me permettre ?

 

(Le rédacteur lui fait signe de continuer)

 

Et bien, pas exactement. Je suis très tolérant mais ne faisons pas d'amalgame. Je ne suis pas intransitif.

 

(Nouveau geste du rédacteur l'incitant à poursuivre)

 

Et puis lorsque j'entends ce mot, neutre, j'ai toujours un petit pincement au cœur. Je pense à mes origines. Je suis suisse. Par ailleurs je suis francophone depuis le siècle classique.

 

‒ Magnifique ! Que de beau monde. Merci Cibler. Je vous garde en ligne de mire.

 

Au suivant, s'il vous plaît mademoiselle ?

 

‒ Bonjour, je me nomme Zénitude.

 

‒ Pardon de cette question un peu indiscrète, connaissez-vous Bravitude ?

 

‒ Elle s'est vaillamment présentée à moi alors que j'étais assise en lotus. Impatiente, elle m'a quittée avant que je n'aie le loisir de lui adresser la parole. Nous avons à peu près le même âge mais pas du tout les mêmes racines. La mienne est japonaise, et bien qu'elle ait royalement voyagé jusqu'à la muraille de Chine, la sienne est italienne. Nous possédons juste le même suffixe évoquant notre qualité.

 

‒ Parfait, je vais méditer sur votre utilisation.

 

‒ Monsieur, c'est à vous.

 

‒ Bonjour, je suis Inuit et je viens de l'inuktitut, la langue de mes congénères.

 

‒ C'est inouï ! Le coupe Kitsch, naturellement.

 

‒ Effectivement, vous n'avez pas l'humour anglais, lui répond le rédacteur.

 

‒ Sortez la tête de l'eau mon vieux, esquimautez, s'offusque Inuit.

 

(Kitsch joint les mains et s'incline montrant qu'il fait amende honorable. Inuit continue sur sa lancée)

 

Contrairement à Cibler ma particularité n'a pas rapport avec le genre mais avec le nombre. Chez moi je suis pluriel, et ici je me retrouve singulier.

 

‒ Votre histoire aussi est bien singulière. Je vous accorderai selon votre aspiration.

 

Enfin, je crois que vous êtes Grigri ?

 

‒ C'est bien cela...

 

(puis faisant de grands gestes des bras)

 

Naka suba ci ?1 Désenvoûtement, retour de l'être aimé... également plomberie2... Non, n'ayez crainte je vous fais marcher. Naka suba ci n'est pas une incantation mais une politesse en wolof.

 

Peut-être suis-je guinéen ou peut-être sénégalais, je ne sais pas précisément. Mais je préfère que l'on m'orthographie Gris-Gris en raison des différents sens qui me sont attribués. A l'origine je n'étais que démoniaque et malfaisant. Ce n'est pas très plaisant. En Europe je suis même devenu un griffonnage ou encore une signature rapide. J'adopte plus volontiers le sens protecteur de l'amulette.

 

‒ Merci, puissiez-vous donner un sens magique à ce texte.

 

Maintenant que nous commençons à nous connaître, nous allons essayé de construire ensemble, et si nous menons à bien cette entreprise je vous promets d'organiser une kermesse au profit des orphelins de la police... d'écriture, mots désuets et disparus.

 

Merci encore à toutes et tous. Je vous souhaite de devenir nos meilleurs vecteurs de communication. »

 

 

 

1.NDR : En Wolof : Bonjour. Comment allez-vous ? - (le matin) - Prononcé nakasubasi.

2.Emprunté à Yo B. Merci !

 

 

sb.22.10.2014                                             Accueil

 


 

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commentaires

Isabelle 01/04/2015 14:50

heureuse de te retrouver courtisan des mots